Le « Néo-Ennahdha », ancien RCD ?

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A propos de l’article Le Néo-Ennahdha , ancien RCD de M. Nasreddine Ben Haddid :

D’abord, si Ennahdha était resté recroquevillé sur lui-même, et cédé à son aile « victimiste », rongée et traumatisée par l’histoire et le passé, et animée par le désir (ou frustration) de prendre une revanche sur ses « bourreaux », et devenait lui-même le parti victimaire, qu’elle aurait été votre analyse Si Nasreddine?

Ensuite, croire et faire croire (insinuation latente dans votre billet) que Enahdha serait totalement sous le joug de son leader (R. Ghannouchi) et que le reste ne serait que maquillage pour « vendre », cela relèverait d’abord du procès d’intention gratuit, ensuite c’est vraiment méconnaître ce parti et son histoire, même si la notion de « l’émir » (je vous le concède, ayant fait partie des pionniers de ce mouvement, naguère MTI) a toujours fait partie de la conception de l’organisation et l’organigramme qui régit ce parti, hérité depuis le temps du MTI. Sauf que l’émir n’est pas l’ « Imam absout », sans pour autant nié des dérives épisodiques ici et là. N’empêche aussi, et vous le concéderiez bien je l’espère, l’autorité d’une référence, d’un leader, il ne faut pas l’oublier, est aussi nécessaire et indispensable à la bonne marche et la cohésion de n’importe quels groupe et/ou société. (Cf. le spectacles lamentables et nocifs depuis quelque temps de tous ces partis qui se déchirent autour des égos, incapables de fédérer autour d’un leader).
La révolution tunisienne elle-même, dans ses atermoiements, ses hésitations et approximations dangereuses, n’a-t-elle pas justement souffert de l’absence de ce leader, et cette autorité charismatique, qui aurait fédéré, et surtout tranché (dans le vif) à des moments (nombreux) clé, où le bateau Tunisie avait cruellement besoin d’un commandant pour montrer le cap et tenir la barre fermement? C’est aussi ce vide qui a conduit bon gré mal gré à la situation que vous décrivez, aux impératifs de dialogue et des concessions souvent à contre cœur et douloureuses. Mais, qu’à tort, vous présentez comme si c’était un choix pleinement délibéré et consenti.
Ce ne sont pas les leaders qui nous ont imposé la situation actuelle, c’est plutôt leur absence, de charisme et d’autorité, à un moment chaotique où il fallait un repère, une référence. Bref, de vrais leaders. C’est aussi les événements internes et externes, qui se sont invités dans le jeu national, et donnant à la révolution tunisienne un enjeu qui dépasse, et de loin, ses frontières et son destin propre. Je ne crois pas, vous l’observateur initié, que tout cela vous échappe, pour que vous l’occultiez, assez souvent d’ailleurs, dans vos lectures et analyses.
Enfin, la spécificité du peuple tunisien lui-même, qui rechigne (il l’a montré à chaque occasion qui lui a été donnée pour s’exprimer) à toute radicalité, et qui a par deux fois opté de renvoyer tout le monde dos à dos, les obligeant à cohabiter, et de fait rendre toute option radicale impossible. Ce que lui, le peuple, a mieux compris la nature de la conjoncture, de transition précaire, et pas naïf du tout pour risquer son sort à des personnes en apprentissage de la démocratie.

Enfin, pour revenir à Ennahdha et surtout R. Ghannouchi que vous semblez présentez presque en gourou, s’il est indéniable que l’homme bénéficie d’une autorité et une légitimité au sein de son parti, et au-delà, n’empêche qu’il y a d’autres hommes (peu nombreux certes) qui ont su (souvent dans l’ombre et dans la coulisse- discipline oblige) infléchir certaines dérives, et influencer certains changements, dans le réalisme du possible ici et maintenant, conforme aussi à l’identité culturelle et sociale du pays, pour éviter que le bateau, un moment à la dérive, ne sombre totalement avec tous-azimuts.

Ps. Je passe sur votre allusion, sans la moindre preuve avancée, à l’argent sale qui se ferait blanchir dans ce parti ! Ai-je besoin de vous rappeler, vous l’homme responsable, de la gravité de l’allusion, pour éviter le mot accusation calomnieuse, en l’absence du moindre fait ou preuve avéré.
Mon intention n’est point de défendre quel que parti qu’il soit, mais autant vous dire ma déception de vous voir, vous censé faire partie de l’élite, tomber comme beaucoup dans l’analyse « facebookiène », et priver les tunisiens de lectures et analyses profondes et étayées, qui les aideraient à sortir de la médiocrité qu’on lui sert à profusion tous les jours, et les fait fuir le politique et déserter la place publique, désabusés et écœurés, pour de nouveau la vider et la laisser libre à tous les charognes, qui ne cherchent que cela!…

1 COMMENTAIRE

  1. On a jamais assez jeté de pierres aux arbres qui donnent des fruits. Cette infamie de Mr Benhadid devait etre signalée et vous le faites au temps que faire se peut. Simple observateur que je suis,j’éprouve de la honte devant un lanceur de piérres aussi nauséabond.Votre aération salutaire m’a reviviifié Mr Jaziri .Je peux continuer à observer le coeur léger et les poumons intactes.

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