Ecoles coraniques, faut-il les fermer?

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par el7bara

On ne peut traiter le sujet des écoles coraniques de la sorte. D’une manière lapidaire, émotionnelle et irrationnelle : les fermer ou ne pas les fermer.

Au contraire, nous avons là un vrai sujet d’éducation à soulever et à discuter, les ouvertures sauvages des écoles coraniques (comme celles des jardins d’enfants, d’ailleurs) sans un vrai contrôle des autorités éducatives. Un vrai sujet qu’il ne faut pas occulter ni balayer d’une manière manichéenne, comme toujours suis-je tenté de dire, « pour ou contre ».

Or, la problématique est sérieuse et avant tout pédagogique, qui met en jeu des petits enfants friables, sans esprit critique, et en construction. Tout comme pour n’importe quel autre enseignement, ni l’enseignement, son contenu et sa forme, ni la pédagogie, l’approche éducative, ne sont les mêmes selon l’âge et les paliers scolaires. Un enseignement qui est envisagé et conçu souvent en spirale.

Il en va de même alors pour la parole coranique, très complexe par ailleurs, et qui exige à la fois des connaissances approfondies et des pédagogues confirmés et spécialistes de l’enfant, surtout lorsqu’on ne se contente pas de récitation, mais jouer à l’exégète interprète. Bref, un sujet d’actualité qui a tout lieu d’être, car il s’agit de nos enfants, leur éducation, des valeurs, et de la construction de l’identité dans un âge critique où, contrairement aux croyances populaires, beaucoup de choses s’y jouent.
Nos politiques, comme nos intellectuels-penseurs devraient un jour ou l’autre sortir des postures, et face à la complexité des problématiques soulevées cesser le populisme du « pour ou contre », pour réfléchir sérieusement et profondément à l’intérêt éducatif des enfants, de la communauté, et proposer des solutions et des approches rationnelles et scientifiques, plutôt que de s’enfermer dans des postures idéologiques, à mille lieues des intérêts de l’enfant comme celui de la société. Enfin, cesser d’être dans la réaction et le rafistolage constants, pour ouvrir le grand chantier de l’éducation et revoir toutes les bases et les fondements manquants, ce qui a plongé toute une génération, voire plus, dans le désarroi  et scepticisme sans perspectives sinon les extrêmes non conciliables et intolérants. L’éducation surtout en milieu enfantin ne doit aucunement être un sujet de surenchère polémique ni électoraliste.

Jaziri Abdelaziz

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