500 Millions TND générés annuellement par le secteur informel des cours particuliers

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Lycée pilote de l'Ariana - Tunisie
Dr Ben Ammar
Auteur: Dr. Farouk BEN AMMAR

Dans cet essai, inutile de le nier, je pars de la corollaire que les cours particuliers sont une nécessité, c’est  planétaire et c’est une réalité indéniable malgré leur interdiction par la loi dés l’aube de l’indépendance.

Rien ne sert d’édicter des lois qu’on ne peut appliquer !

L’école seule ne peut suffire pour dispenser à l’élève tous les apprentissages requis qui le doteraient d’un minimum de compétences surtout que la capacité d’assimilation n’est pas la même d’un apprenant à l’autre.

Malgré la multitude de réformes le Système Éducatif Tunisien demeure dichotomique, soit on réussi soit on échoue, et je ne parle pas du passage de classes, ce qu’on appelle Rendement Interne, je parles des acquis et du savoir-faire de l’élève à sa sortie de l’école et en particulier des décrocheurs scolaires, dont en comptabilise plus de 110 000par an.

Des décrocheurs, issus de familles modestes, ajoutant  à leur désarroi, quittent l’école sans un minimum de compétences qui les habiliteraient à s’insérer dans la vie active :Des chômeurs de longue durée en devenir, enclins à la délinquance juvénile et des proies faciles à l’embrigadement d’extrémistes de tous acabits.

LE SECTEUR FORMEL DES COURS DE RATTRAPAGE

Les établissements scolaires, organisent des cours de rattrapage pour les élèves, qui se déroulent en toute légalité au sein desdits établissements.

L’élève doit s’acquitter d’un montant mensuel qui varie de 15 TND à 20 TND selon la discipline et la matière enseignée.

L’Organisation Tunisienne de l’Éducation et de la Famille (OTEF) finance en grande partie ses activités par le biais de ces cours de soutien scolaire.

En effet, 20% des recettes sont redistribuées entre l’OTEF et l’administration de l’établissement pour couvrir ses frais de gestion. L’enseignant perçoit le reliquat soit  80%.

Comme la taille des groupes est limitée, le montant perçu par l’enseignant est modique en comparaison avec ce que ce même enseignant pourrait encaisser pour des cours dispensés à domicile.

Toutefois, la Tunisie compte encore des éducateurs, dont le sens du devoir est encore vif, qui se soucient plus de l’intérêt de l’élève que du pécule.

Il est patent, que ces cours de rattrapage, organisés dans les écoles, sont d’un apport estimable pour l’élève qui bénéficie de 2 heures par semaine en s’acquittant d’une  somme dérisoire comparée à ce qu’il devrait payer, mensuellement, pour des cours particuliers à domicile qui varient de 70 TND à 200 TND par mois en fonction de la matière enseignée, du niveau scolaire et de la région.

Nonobstant des recettes en moins, certains élèves moins nantis, sont dispensés de payer sur initiative de l’enseignant : Chapeau bas à ces braves professeurs !

FORMALISER LE SECTEUR : DES EMPLOIS POUR LES DIPLÔMÉS CHÔMEURS,  DES RECETTES FISCALES POUR L’ÉTAT, ET DES RENTRÉES POUR LES ENSEIGNANTS

 

Pour organiser et réguler cette activité, l’État et le législateur devraient légiférer sur la création de Petites et Moyennes Entreprises (PME) pour inciter les chômeurs diplômés de l’enseignement supérieur et les enseignants en exercice, à fournir ce service dans un cadre de transparence fiscale et de légalité laissant libre cours à la concurrence qui serait à l’avantage du bon père de famille.

Ces PME, qui pourraient se développer dans tout le territoire national, dispensant des cours de soutien scolaire, n’auraient rien à voir avec les écoles privées, encore soumises à une autorisation du Ministère de l’Éducation et accessibles seulement aux plus nantis.

Des PME qui devraient satisfaire les exigences d’un CAHIER DES CHARGES à élaborer par les services compétents des intervenants suivants :

• Le Ministère de l’Éducation ;

• Le Ministère des Finances.

• Le Ministère chargé de l’Emploi.

• Le Ministère des Affaires Sociales.

• Les Associations Civiles, etc.…

Les avantages d’une telle entreprise seraient de taille, que je résumerais en cinq (5) points essentiels :

1. Réduire significativement le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur : Plus de 240 000 en 2014 (INS). Des milliers d’emplois seraient créés : 20 000 – 30 000 !

2. Augmenter les recettes fiscales de l’État, puisque ces PME seraient soumises aux impôts sur les sociétés.

3. Réduire les coûts des cours particuliers à domicile, suite à un jeu de concurrence. Des cours qui cannibalisent le budget de la famille et qui sont, de surcroît, interdits par la législation et objets de tant de contestations de la part des parents d’élèves.

4. Préparer les élèves aux divers concours nationaux. Ce qui aurait pour effet, la contribution directe à l’augmentation des rendements interne et externe du Système Éducatif Tunisien.

5. Soulager le budget de l’État via le maintien des cours de soutien organisés dans les établissements scolaires, générateurs de recettes additionnelles pour renflouer les caisses desdits établissements.

La gestion de ces recettes et leur emploi seraient confiés à l’établissement scolaire et suivi par le « Conseil de l’Établissement ».

Ainsi, ces établissements disposeraient de moyens financiers supplémentaires pour lancer des travaux de rénovation et d’entretien, et financer les activités de la Vie Scolaire.

ÉPILOGUE

 

DANS LE CADRE D’UNE ÉVENTUELLE RÉFORME DU DISPOSITIF ÉDUCATIF, L’ÉTAT DOIT S’ATTELER À LA TACHE D’ORGANISER CE SECTEUR INFORMEL.

UN SECTEUR À FORT POTENTIEL ET GÉNÉRATEUR DE MILLIONS DE TND PAR AN : 50 000 000 TND.

RIEN QU’EN FRANCE, ON ENREGISTRE EN 2012 UN CHIFFRE D’AFFAIRES DÉCLARÉ DE 2 000 000 000 €… SOIT 4 500 000 000 TND.

UNE MANNE POUR LA FISCALITÉ FRANÇAISE, DES DIZAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS PERMANENTS, DES RENTRÉES D’ARGENT POUR LES ENSEIGNANTS EN EXERCICE, ET DES PRIX RAISONNABLES POUR LE CITOYEN. TOUT LE MONDE Y GAGNE.

Dr Farouk Ben Ammar

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