CONFLIT CONFIE….

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On a eu la surprise et la déconvenue en même temps d’apprendre que le très réaliste film tunisien de Moncef Barbouch :Conflit a été projeté in extremis , en avant-première mercredi 7 janvier à la salle de cinéma le Colisée à Tunis .Malheureusement la grande majorité des cinéphiles n’a pas pu le voir et on espère qu’il repassera impérativement, après cette longue attente !

Le réalisateur Moncef Barbouch conteste l’absence de son film « Conflit » aux JCC ; qui n’a pas été accepté pour figurer parmi les films sélectionnés par les JCC.Le film qui aborde les années de dictature et de despotisme sous le régime de Ben Ali, parle d’une famille tunisienne modeste qui défend ses idéaux et son droit à une vie décente. Relatant les déboires et l’injustice accumulées par un professeur, son épouse et sa mère et les problèmes qu’ils ont vécus sous ce joug odieux, l’oppression, la pauvreté et la torture….Dans une déclaration à la chaîne TNN, le réalisateur a jugé cette décision d’arbitraire : « Pourquoi le public tunisien est-il privé de voir ce film ?C’est une question que j’adresse au Ministre de la Culture. Ma deuxième question est que le Festival des JCC n’a donné aucune justification de ce refus . Le Film aurait même pu participer en marge du festival. » Du côté des organisateurs, on soutient,sournoisement(relents inquiétants des vieilles censures) , qu’aucune justification au refus n’est obligatoire comme l’indique le directeur technique aux JCC !Rappelons que 195 films ont été sélectionnés sur les 547 présentés à la commission du festival.

Aujourd’hui, le voile s’est dissipé et le président sortant avait entendu la requête véhémente de l’équipe de Tunivers pour diffuser sur les écrans des salles de cinéma le film tant controversé « Conflit » et a même proposé une projection privée de ce long métrage au palais présidentiel, au mois de novembre dernier !

Ce film, ayant déjà reçu son visa d’exploitation et son autorisation de diffusion par le ministère, mérite d’être vu, applaudi et admiré par la masse publique et cinéphile .Il est donc incompréhensible qu’il soit banni des écrans d’un pays qui a vu fleurir la plus belle des révolutions, d’un printemps arabe que nous avons salué à l’unanimité. Merci de lever la censure et abstenons-nous dorénavant d’occulter ou de supprimer ce qui forge l’esprit et la dignité du citoyen tunisien.

Sélim Lâfif

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