ESSAOUIRA- L’ÎLE DE MOGADOR!

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Privilégiées sont les personnes qui ont visité cet endroit idyllique du sud du Maroc au titre à la fois rêveur et révélateur…J’ai eu la chance d’y passer un merveilleux week-end en juin 2002, en compagnie de mes cousins marocains, à l’occasion du festival des musiques berbères et méditerranéennes.Ce site mythique est un lieu fascinant où se sont effectuées de fabuleuses découvertes archéologiques, l’île de Mogador mesure environ un kilomètre dans sa longueur et forme un port naturel, se taillant une place de choix parmi les abris de la côte atlantique.

Essaouira, la cité des vents et des oiseaux, libre et magique, nous livre parfois ses secrets et fait souvent parler d’elle, déversant tout son poids civilisationnel sur nous en déclenchant une frénésie d’attention et rivalisant avec la magnificence des impériales Marrakech et Fès !L’agitation et l’euphorie générales sont à leur comble ; une foule immense.Le grand bal des Gnaoua assure l’ouverture du festival au gré du vol des hirondelles et de la fumée des méchoui des vendeurs de sardine.Un patrimoine unique en son genre.Du début jusqu’à la fin du vingtième siècle, Essaouira fut convoitée par des figures emblématiques de différents domaines, tels que Jimmy Hendrix, Eric Orsenna ou le mexicain Alberto Ruy Sanchez qui l’a définie comme un pont suspendu entre les deux rives de l’Atlantique . L ‘admiration la plus attrayante date de 1949, traduite par le cinéaste américain Orson Welles avec son chef d’œuvre Othello qu’Essaouira a pris véritablement des allures internationales.

Si on inspecte l’histoire, l’un des moments culminants de cette ville féérique fut son étroite relation avec les régions sub-saharienne. Fondée au dix-huitième siècle par Sidi Mohamed Ben Abdellah qui a voulu la mettre sur les rails de la compétitivité et la célébrité, le sultan a fait de la ville une plaque tournante en matière de commerce .Les commerçants juifs, musulmans et chrétiens se retrouvèrent pour épanouir le commerce avec l’étranger, et c’est justement à cette époque qu’Essaouira est devenue le premier port du royaume chérifien.

La présence des Noirs dans cette ville a constitué une forte population des Gnaoua venue du Soudan, de la Mauritanie, du Sénégal, de la Guinée , du Mali et du Niger. Pour édifier le projet du sultan, elle est restée présente en masse dans le quartier des Noirs. Sur le plan architectural, Essaouira diffère de toutes les autres villes du Royaume, par ses rues pavées, serpentées en venelles et garnies de galeries d’art, de boutiques d’antiquaires et d’échoppes d’objets décoratifs .On y navigue, on s’y perd et on s’abîme la vue par la beauté de ses sites.

Un ingénieur français dénommé Cornut a été commandité pour construire le port et ses remparts, d’où sa dimension cosmopolite inouïe est l’éblouissement artistique qu’on reçoit plein la gueule. La force de cette ville réside dans sa genèse culturelle riche, avec sa double identité méditerranéenne et africaine .Se fondre dans les trésors du passé jusqu’à s’y perdre, raconter une ville comme on se parle à soi-même…

Sélim Lafif

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