Carnet de voyages:La « Chascona » la maison de Pablo Neruda à Santiago-de- Chili.

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Si « Che » Guevara est à l’Amérique latine l’esprit chevaleresque de l’insurgé romantique, Pablo Neruda en est son âme intellectuelle et poétique.

J’ai découvert Pablo Neruda à l‘occasion de la tourmente du coup d’état dramatique de Pinochet en 1973 et la fin de l’expérience de « l’unité populaire » avec le suicide de Salvatore Allende.

Son livre « j’avoue que j’ai vécu » paru , en 1974, à titre posthume, a connu à l’époque un fantastique succès de librairie. Pablo Neruda n’avait pas survécu longtemps à son ami Salvatore Allende, il mourut tout aussi dramatiquement quelques semaines après le sanglant coup d’état et l’installation d’une des dictatures les plus impitoyables d’Amérique du Sud.

C’est dans ce livre que j’ai appris à connaitre combien cet homme était extraordinaire. Cet homme était fascinant à plus d’un titre. Homme d’écriture et poète dans l’âme, il était aussi un homme d’action aux convictions déterminées.

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Diplomate des temps héroïques il accompagna la guerre civile espagnole et vécut tragiquement la mort de son amis et inspirateur Federico Garcia Lorca, assassiné par les fascistes espagnols. Il milita longtemps dans l’international communiste et contribua pour beaucoup à l’arrivée au pouvoir, pour la première fois en Amérique du Sud, par les voies démocratiques, du front de gauche, construit autour de Salvatore Allende.

Pablo Neruda (qui est un nom d’emprunt) écrivit des chants des plus sublimes et une multitude d’essais et de romans couronnés par un prix Nobel en 1973.

Visiter sa maison, à Santiago du Chili, était dès lors pour moi un devoir de mémoire, comme ce le fut en Argentine pour la maison de Che Guevara à Alta-Gracia

La maison en elle-même est une curiosité, conçue et construite avec la complicité d’un ami architecte elle a vaguement la forme d’un bateau. Elle comprend plusieurs pans, séparés par des patios et des jardinets. On y monte et on y descend avec des balconnets où le regard est imprenable sur Santiago et les Andes toutes proches dans le lointain. La visite est guidée et l’émotion est grandissante au fur et à mesure que l’on pénètre dans l’intimité de ce grand homme. La bibliothèque qui dit-on avait compté jusqu’à 9 000 ouvrages a été saccagée par les nervis fascistes et la plupart de ces livres jetés au feu.

Dans le salon trône le portrait de Mathilde, la « Chascona », l’ébouriffée, sa dulcinée, son amante, son inspiratrice, qui partagea sa vie jusqu’à sa mort et qui préserva farouchement et sa maison et son héritage

Visiter la « Chascona » ‘est une promenade dans l’histoire d’un homme, du Chili ,de l’Amérique du sud.

L’homme a décidément vécu et bien vécu comme il le dit dans son livre testament  » j’avoue que j’ai vécu » « Peut-être n’ai-je pas vécu en mon propre corps : peut-être ai-je vécu la vie des autres », écrit Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto connu sous le nom de « Pablo Neruda ».

 

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Mokhlès Marzouki

 

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