La victoire est une histoire de lucidité

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Il ne faut pas se griser et crier béatement victoire; car de victoire il n’y aura point tant que la Palestine n’ait pas recouvrée son indépendance. Cependant, Victoire il y a bel et bien eu, et tous ceux qui avaient parié, ou discrètement espéré, dans les chancelleries, voir la résistance, islamique, disons les choses clairement, à genoux, pour parachever le sale boulot entamé par le valet égyptien, doivent la sentir amère ce soir.

Une victoire de la résistance palestinienne, mais aussi de tous les hommes honnêtes qui n’en peuvent plus de se voir humilier par la tyrannie des puissants cupides et assoiffés de la sueur, quand ce n’est pas du sang, des peuples qu’on voudrait comme du temps jadis assujettir aux nouveaux aristocrates, adorateurs des dieux dollar et euro.

Une victoire, fruit à la fois d’une intelligence et d’une prise de conscience chez des palestiniens, qui ont su tirer les leçons du passé. Des leçons multiples, qui leur ont permis cette fois de voir plus clair et de ne pas jouer à l’enfant naïf. Les principales, entre autres, étaient de:

1- Ne plus se tromper d’alliance et de se méfier des coqs de scènes, mais poules traitres en coulisses. Ne pas confondre alliances cultuelles et culturelles, et alliances géostratégiques.

2- Revoir leur stratégie de résistance armée, et réinventer la guerre, sachant qu’ils ne pourraient pas rivaliser contre l’ennemi avec des moyens conventionnels, trop inférieurs, trop prévisibles. Pour cela, il fallait être patient et même se laisser battre une première bataille/guerre, tant que les moyens n’étaient pas bien au point (2009)

3-Avoir l’intelligence de prioriser et ne pas se tromper ni d’objectif ni d’ennemi de l’heure. Coaliser toutes les forces et factions palestiniennes contre le colonisateur, en évitant les guerres fratricides anachroniques, qui ont tant plombé la cause, et la libération palestinienne.

Il ne faut donc pas crier victoire, mais Gaza aujourd’hui c’est bel et bien un tournant dans l’histoire; un espoir aussi bien pour toutes les victimes d’injustice au monde que pour tous les férus de liberté et de dignité humaine. Aussi, cette résistance a-t-elle le mérite de redonner confiance et espoir, par tant d’épreuves ces derniers temps, et une foi, après l’euphorie d’il y a 3 ans, ébranlée par le retour des barbares au su et à la vue des pseudo-démocrates du monde « libre ».

Enfin, je ne peux m’empêcher en ce soir mémorable pour la Palestine de penser aussi à la Tunisie et aux tunisiens, dont le moral a été bien entamé ces derniers mois, et qui semblent céder à la déprime et au défaitisme, bien distillés par la contre révolution et ses sbires de médias de caniveau, pour diviser et jeter les tunisiens dans des querelles, pour ne pas dire guerres, fratricides, factices, fabriquées de toutes pièces.

Du moins, ont-ils réussi à écœurer nombre de citoyens de la politique, leur faisant croire que tous les partis sont pourris, et qu’il ne s’agit que des gens corrompus assoiffés de pouvoir. En somme, il ne servirait à rien d’aller voter, puisqu’il s’agit du pareil au même, kif-kif bourricot et pourquoi pas Ben Ali aussi! Qu’il vaut mieux donc reprendre son pain rassi et rester à l’écart. A l’écart, en attendant que le loup revienne!

Les tunisiens, comme les palestiniens doivent au contraire se prendre en charge, et crier fort que la politique c’est bel et bien leur affaire, leur quotidien, se remobiliser, être plus lucides et patients, et partir en masse à l’assaut des urnes aux prochaines élections pour décider de LEUR destin!

On peut se tromper de priorité une fois sans trop de conséquences; une deuxième fois, et rien n’est garanti!…

Abdelaziz Jaziri

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