Pourquoi Bachar ne peut être un élément de résorption de la poussée Jihadiste

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Plutôt que de la lire seulement comme une poussée “anti-occidentale” ou “anti -chiite”, il faut peut-être prendre le temps de considérer également la poussée jihadiste comme une poussée “pro-sunnite”. Une poussée certes radicale et sectaire et à ce titre hautement condamnable mais une poussée qui signale néanmoins des déséquilibres politiques bien réels – en Syrie bien sûr mais également en Irak- que l’on ne saurait méconnaitre sous prétexte du radicalisme inacceptable de ceux qui les combattent.


Pourquoi le régime de Bachar al-Assad ne peut-il pas être un élément de régulation de cette poussée jihadiste ? Parce que, pour faire très bref, et sans préjuger d’autres dimensions de l’analyse, il est doublement impliqué dans ce processus de radicalisation d’une partie de la communauté sunnite qui est au cœur de la poussée jihadiste. Il l’est d’abord en tant que régime particulièrement autoritaire. Il l’est ensuite en tant que régime très largement sectaire.

Pendant 40 ans, le régime syrien a discrédité tous les mécanismes institutionnels et citoyens de la représentation politique. Il a donc valorisé le principe radical du recours aux armes. Mais le régime de Bachar a également, bien avant la crise, été l’artisan de la confessionnalisation du jeu politique. Derrière la façade de son « parler laïque », il a adopté en fait de longue date un « agir sectaire ». Pour se protéger sa majorité démographique (sunnite), il en a fait – depuis le début des années 1980 – la cible privilégiée de son autoritarisme répressif. Et il s’est parallèlement appuyé sur les autres composantes religieuses du tissu national, semant ainsi le poison de la discorde confessionnelle dont il voudrait aujourd’hui nous convaincre qu’il peut être l’antidote.

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